bâton XXL _ outils & process
Je travaille à partir de percussions acoustiques connues (caisse claire / tom basse) jouées debout par le biais de concerts performatifs ou d'expérimentations étendues. J'amplifie ces instruments à l'aide de microphones et les traite avec des compresseurs, gates, équalisations, effets numériques, via une table de mixage analogique.
En parallèle, j'utilise un banjo en open tuning, des micros piezzos placés sous le chevalet pour l'amplifier, via un ampli guitare. L'instrument posé tête au sol, reste plaqué sur l'ampli, et relié à des pédales d'effets de type modulation. Cette partie de l'installation représente mon binôme et jouera des feedbacks, générés selon sa propre condition, suivant que j'ouvre ou ferme le son via une pédale de volume, active ou non les pédales d'effets à mes pieds.
J'utilise un micro casque pour amplifier ma voix librement, avec des effets de type reverb et/ou delay. Également, je peux décider de lier ma voix avec le tom basse et ainsi ne la faire apparaitre que lorsque le tom basse est joué, avec les mêmes effets que celui-ci, par le biais d'un sidechain.
Il n'y a pas de samples pré enregistrés, toute la musique est jouée dans l'instant. Il m'est possible durant le jeu si souhaité d'effectuer des boucles de voix d'environ 1 sec. Laboratoire de recherche permanent, j'expérimente à mesure de mes pratiques et sillonne les routes d'Europe lors des tournées que j'organise, avec tout mon set up depuis 2017.
bâton XXL _ démarche
J'envisage cette installation comme une pièce d'architecture sonore. Utilisant la voix, le feedback et la batterie en direct, ma pratique est axée principalement sur la prise de risque, le jeu et l'improvisation.
Les percussions sont généralement disposées dans la même zone que le public, au même niveau, ou devant le système de sonorisation, côté cour à 90°. L'ampli guitare et le banjo sont placés côté jardin en face de moi, orientés comme le système de sonorisation. La combinaison des différentes sources sonores et points de vue servent une réflexion scénographique ainsi qu'une complémentarité dans l'équilibre entre le jeu acoustique et l'amplification.
Les zones d'intérêt de ce dispositif gravitent autour de la dynamique et de la diffusion sonore dans l'espace. Cet habitat animé d'une curiosité envers la physicalité, le psychique et le spirituel alimente également mes pratiques et réflexions, autour de notions clés dites de transe, abandon, sexualité, drogue, errance, ésotérisme...
Les percussions, jouées la plupart du temps avec des effets de type delay - delay répété une seule fois, liant le présent dans un développement constant fondamental - apportent une dimension terrestre, profondément encrée dans le sol. Le banjo en rétroaction développe tantôt de profondes nappes de drones cycliques, tantôt de gigantesques galaxies bruitistes, tandis que la/les voix convoque/nt l'incarnation du magique au réel, inventent, célèbrent.
bâton XXL
bâton XXL _ ça va passer
Je profite de cet élan performatif pour me connecter au moment, aussi bien que pour me déconnecter de moi-même. Je pars de terrains rythmiques que j'affectionne et essaie de construire / déconstruire in-situ des trames musicales à partir d'intentions, réflexes, tenues et lâchers prises.
Le public, aussi bien que l'auteur, sont invités à se saisir des notions d'acteur-ice - spectateur-ice, de circulation, de circularité, d'espaces. La performance est inhérente _au public par sa présence, sa proximité, les énergies reçues véhiculées, catalysées, _au lieu, comme récepteur et résonateur acoustique, _au système de diffusion sonore, _à l'instant.
Autant que la pratique technique et sonore soient étudiées, réfléchies, chaque moment de partage reste spontané. J'aime ne pas savoir exactement où ce processus peut m'emmener. Il en résulte toujours une envie d'aller vers l'inconnu, vers l'instinct et la nature, vers l'autre, vers quelque chose de plus grand. Qu'il en soit du dépassement, de l'imaginaire, du mystique, de la poésie.
Ce langage développé autour du médium de la baguette augmentée tend à ouvrir des liens de résonances et de passage dans l'univers. Bien que ma démarche soit symptomatiquement politique dans une quête contre-culturelle singulière, vivante et sensorielle, engagée dans un élan humaniste, elle porte un message rassembleur : "vas-y, bouge!"
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bâton XXL _ tools & process
I work with familiar acoustic percussion instruments (floor tom / snare drum) played standing up through performative concerts or extended experiments. I amplify these instruments using microphones and process them with compressors, gates, equalizers, and digital effects via an analog mixing desk.
At the same time, I use a banjo guitar in open tuning, with piezo pickups placed under the bridge to amplify it via a guitar amp. The instrument, remains positioned on the amp head down on the floor, connected to modulation-type effects pedals. This part of the installation will represent my partner and will play feedback generated and conditioned by itself, depending on whether I open or close the sound via a volume pedal at my feet, or activate / deactivate the effects pedals, independently of my percussion and vocal rhythms.
I use a headset microphone to amplify my voice freely, with effects like reverb and/or delay. Also, I can decide to link my voice with the floor tom and thus only make it appear when the floor tom is played, with the same effects as it through a sidechain.
There are no pre-recorded samples, all the music is played in the moment. Like a permanent research laboratory, I experiment as I practice and travel the roads of Europe during the tours I organize, with my entire set up since 2017.
bâton XXL _ approach
I am considering this installation as a sonic architecture. Using voice, feedback, and live drums, my practice focuses primarily on risk-taking, playfulness, and improvisation.
The percussion instruments are generally positioned in the same area as the audience, at the same level, or in front of the sound system, at a 90° angle to the stage. The guitar amp and banjo are positioned stage right in front of me, oriented like the sound system. The combination of different sound sources and viewpoints serves as a scenographic reflection as well as a complementary balance between acoustic performance and amplification.
The areas of interest in this installation revolve around dynamics and sound diffusion in space. This habitat, driven by a curiosity towards the physical, the psychic and the spiritual, also fuels my practices and reflections, around key notions such as trance, abandonment, sexuality, drugs, wandering, esotericism...
The percussion, played most of the time with delay-type effects - a delay repeated only once, linking the present in a fundamental constant development - brings an earthly dimension, deeply rooted in the ground. The banjo in feedback develops sometimes deep layers of cyclic drones, sometimes gigantic noisy galaxies, while the voice(s) summon/s the incarnation of the magical to the real, invent, celebrate.
bâton XXL _ it will pass
I use this performative impulse to connect with the moment, as well as to disconnect from myself. I start from rhythmic terrains I love and attempt to construct/deconstruct musical frameworks in situ based on intentions, reflexes, holding, and letting go.
The audience, as well as the composer, are invited to grasp the notions of actor-spectator, of circulation, circularity, and space. The performance is inherent: to the audience through its presence, its proximity, the energies received, conveyed, and catalyzed; to the place, as receiver and acoustic resonator; to the sound diffusion system; to the moment.
As much as the technical and sound practice are studied and reflected upon, each moment of sharing remains spontaneous. I like not knowing exactly where this process can take me. The result is always a desire to move towards the unknown, towards instinct and nature, towards others, towards something greater. Whether it be self-transcendence, imagination, mysticism, or poetry.
This language developed around the medium of the augmented wand tends to open links of resonance and passage in the universe. Although my approach is symptomatically political in a singular, lively and sensory counter-cultural quest, engaged in a humanist impulse, it carries this unifying message: "go ahead, move!"